Depuis qu'il se levait, les infirmières de Bertrand avaient été remplacées par deux hommes qui l'accompagnaient partout, même quand il sortait avec le chirurgien.

Les tentatives du jeune homme pour obtenir quelques renseignements de ces gens n'eurent pas plus de succès.

Il était désespéré.

Encore s'il avait eu un canot à sa disposition! car ayant gravi trois ou quatre fois les roches de la table à la Tête, masse de calcaire schisteuse, qui, tour géante, commande l'Océan par une élévation perpendiculaire de plus de cent cinquante pieds, il avait aperçu, noyée dans la brume, une terre vers laquelle tendaient tous ses voeux.

Mais aucune embarcation n'était laissée à sa disposition.

Cependant, bien qu'on lui cachât avec soin l'occupation de ceux qui le tenaient prisonnier, il soupçonnait que c'étaient les Requins de l'Atlantique.

Ce soupçon aiguisa son désir de recouvrer la liberté.

L'hiver approchait. Il fallait se hâter; car les nuits devenaient déjà froides, et des brouillards épais voilaient fréquemment les rayons du soleil.

Un soir, Bertrand, fouillant une malle gui avait été transportée de l'Invincible dans sa chambre, mit la main sur une lettre de madame Stevenson.

L'écriture de cette lettre causa au jeune homme une révolution spontanée.