—Monsieur Lancelot, j'ai perdu mon fils… mon fils pour lequel j'avais entrevu un avenir… Je suis très-riche, vous le savez… Il ne me reste plus que ma fille… Bertrand, je ne crois pas qu'il vive, quoique…

Arthur protesta par un geste.

—Laissez-moi, laissez-moi parler; fit le malade, mes heures sont comptées… Écoutez, mon ami… Vous l'êtes, n'est-ce pas, notre ami?

—Soyez sûr, monsieur! s'écria le capitaine…

—Oui, j'en suis sûr… j'ai besoin d'en être sûr… je mourrai content… Ma fille aura un protecteur; vous lui servirez de protecteur… monsieur Lancelot?…

Emmeline baissa les yeux. M. du Sault continuait avec effort:

—Mais je dois vous confier un secret, monsieur Lancelot… Vous aimez ma fille, et elle vous aime… Ce secret ne peut nuire à votre tendresse… Emmeline, ma fille chérie… eh bien, elle n'est point ma fille…

Arthur tressaillit.

—Bertrand non plus n'était point mon fils… mais que cela ne vous effraie pas, monsieur Lancelot… Vous pouvez épouser Emmeline sans vous mésallier… Elle est de bonne maison… Elle et son frère sont des Grandfroy…

—Grandfroy! exclama le comte en pâlissant.