Des émotions terribles ont vaincu cette constitution nerveuse que des muscles d'acier semblaient mouvoir.

Pâle, les yeux bistrés, il grelotte la fièvre, comme disent les bonnes gens d'Halifax.

Madame du Sault l'a prié et supplié de s'établir chez elle; Emmeline a joint ses instances à celles de sa mère: le comte a refusé. Chaque jour, ces dames viennent le visiter et passer quelques heures avec lui.

Le patron du cutter a remplacé Samson dans son service auprès du commandant, mais il ne jouit pas des mêmes prérogatives que l'ancien domestique: la chambre à coucher du maître lui est formellement interdite.

On n'a pu le décider à mander un médecin: il se soigne lui-même.

Cependant, Emmeline l'a pressé de voir le docteur de sa famille; car l'amour de la jeune fille a pris, au souffle des chagrins, l'ardeur d'une flamme dévorante qui l'embrase tout entière. Ce n'est pas assez, pour elle, de demeurer deux ou trois heures avec l'objet de son adoration, elle voudrait ne le pas quitter d'une minute et maudit les convenances sociales.

Néanmoins, après une crise des plus violentes, Arthur s'est remis; il va mieux; il se lève, se promène dans ses appartements, quoiqu'il ne sorte pas encore.

Comme Emmeline attend avec impatience l'heure où il pourra faire sa première sortie, tendrement penché à son bras!

Le mois de novembre a débarqué sur la côte américaine, avec sa cour voilée de brumes et de frimas.

Une après-midi, le comte Lancelot, enfoncé dans une bergère, le coude appuyé sur un des bras, la tête dans la main, réfléchissait profondément.