—Mon frère, dit le Groënlandais, je suis Triuniak du Succanunga. J'ai fait avec vous la guerre aux Boethics. Voulez-vous allumer une lampe avec nous?
—Pourquoi mon frère a-t-il quitté le Succanunga? s'écria l'un des
Indiens, dans la même langue que Triuniak, mais avec un accent que
Dubreuil eut quelque peine à saisir.
—Moi et mon fils Innuit-Ili, nous avons quitté le pays pour visiter les braves guerriers d'Itteblinik,[17] répondit-il.
[Note 17: Mot à mot: contrée des marais glacés (Labrador).]
—Est-ce bien là la raison? fit le sauvage d'un ton soupçonneux.
—La langue de Triuniak n'est pas fourchue et son coeur est droit, répliqua fièrement le Groënlandais. Que mes frères demandent à mon fils!
Dubreuil s'approcha alors.
A sa vue, les nouveaux venus poussèrent un cri de surprise.
—Heigh-yaou!
—C'est, reprit Triuniak, un homme blanc que j'ai adopté.