—Pas avant qu'ils aient terminé leur chasse! fit Guillaume avec une teinte d'impatience.

—Peut-être, répondit le Groënlandais d'un air rêveur.

—Dressons alors notre tente.

—Oui. J'irai au koné pendant que tu prépareras un emplacement. Je rapporterai les peaux, les piquets et des provisions, afin que nous fassions chaudière lorsque les Uski arriveront.

Ils se trouvaient à un demi-mille environ de la baie où était mouillée la Toutou-Mak. Mais, de ce lieu, on ne la pouvait apercevoir, à cause de la grande élévation des falaises de glace qui bastionnaient la rade.

Triuniak s'étant éloigné, Dubreuil se mit à creuser des trous pour y ficher les pieux de leur tente.

Tout occupé à sa besogne, il ne vit pas venir un individu qui se glissait, en rampant, derrière les glaçons épars sur la côte, et avançait doucement, en prenant toutes les précautions possibles pour n'être pas découvert.

Parvenu, de la sorte, à une vingtaine de pas de Dubreuil, il allongea sa tête au-dessus d'un banc de neige, regarda le Français, comme pour s'assurer de l'identité de son homme, puis il s'agenouilla, essaya avec le doigt la corde de son arc, y mit une flèche et ajusta.

Une seconde de plus, c'en était fait de Guillaume.

Mais à ce moment il leva les yeux, et ses regards tombèrent droit sur l'ennemi.