Kougib mâchonna une imprécation entre ses dents et lança violemment sa hache contre Dubreuil. Heureusement elle ne l'atteignit pas.

—Innuit-Ili! c'est Innuit-Ili! disait l'Indien Rouge en coupant les liens de Guillaume.

—Ah! je l'ai manqué! je suis perdu! grommelait l'angekkok-poglit, tâchant de retrouver une autre arme.

—Mon frère, rassure-toi; je te connais; tu es avec un ami continua le libérateur en langue esquimaue.

Et il reçut dans ses robustes bras Dubreuil, qui ne pouvais se soutenir à cause du gonflement de ses pieds.

—Tu me connais, mon frère? balbutia-t-il avec autant de surprise que de joie.

—Oui, Kouckedaoui connaît l'ami de Toutou-Mak.

—Toutou-Mak!… mon frère l'a vue?… il sait où elle est?

—Kouckedaoui est son père! répondit l'Indien avec un mélange d'amour et d'orgueil.

Fatigué par tant d'émotions diverses, stupéfait d'une révulsion si subite, si inattendue, le capitaine Dubreuil se demandait s'il n'était pas le jouet d'un rêve, et il portait des yeux hagards tantôt sur l'Indien Rouge, tantôt sur les débris fumants du bûcher, tantôt sur Kougib.