—Attends, mon frère, dit Kouckedaoui en le posant doucement à terre.

Puis il saisit au cou l'angekkok-poglit d'une main, lui planta son genou sur la poitrine et tira un couteau.

—Non! non! mon frère, épargne-le! pour l'amour de Toutou-Mak, épargne-le; je t'en supplie, épargne ce misérable! implora Dubreuil, incapable de voir froidement commettre un homicide.

—L'épargner! est-ce ainsi que tu procèdes à l'égard de tes ennemis?
N'a-t-il pas voulu t'assassiner tout à l'heure?

—Tu es un lâche, plus lâche qu'une femme! Je te méprise! râlait Kougib sous la pression du genou qui lui écrasait le thorax.

—Je t'en conjure, Kouckedaoui, laisse-le vivre, insista Dubreuil.

—Qu'il me laisse vivre, pour que j'achève de te tuer! reprit l'Esquimau d'une voix-railleuse. Oui, de te tuer, comme j'ai tué ta Toutou-Mak!

—Que dit ce chien? s'écria l'Indien Bouge.

—Il prétend, le scélérat, qu'il a fait périr ta fille, répondit
Dubreuil.

—Toutou-Mak est la fille…..