Leur panique dissipée, ces Indiennes importunèrent Dubreuil par une foule de questions auxquelles il n'entendait rien, et par des attouchements pour savoir si la blancheur de sa peau n'était, pas le produit d'une peinture particulière.

Il demanda Toutou-Mak. On lui rit au nez: la fille de Kouckedaoui n'étant plus connue sous ce nom chez les Boethics. Mais sa belle-mère, la troisième femme du chef, arriva. C'était une superbe créature à l'oeil noir expressif, à la physionomie passionnée; elle-avait le teint d'un beau brun olivâtre, et portait un chapeau en fibres d'écorce. Sa taille fine, admirablement proportionnée, s'accusait avec élégance, dans une robe de peau de daim, dont la jupe était enjolivée de dessins faits de poils de porc-épic. Des mocassins, également ornés, chaussaient ses pieds.

La vue du capitaine fit sur elle une impression semblable à celle qu'il avait causée à ses compagnes. Les conducteurs de Dubreuil lui fournirent quelques explications, elle parut se rassurer et dit au jeune homme, en idiome esquimau:

—C'est Kouckedaoui qui t'envoie?

—Oui, il m'a envoyé vers sa fille Toutou-Mak; mais je ne la vois pas.

—Ah! tu es l'homme blanc que Toutou-Mak a connu au Succanunga? Elle n'est plus ici.

—Plus ici? répéta Dubreuil inquiet.

—Non, mon frère, la fille de Kouckedaoui est partie depuis deux nuits.

—Partie! où?… où?

—A Baccaléos, avec un de nos canots chargé de poisson.