—Mais mon ami est Français! s'écria Toutou-Mak, en séchant ses pleurs.

—Cela n'est pas prouvé, ma chère fille. Nous avons nos habitudes, nos moeurs, comme vous avez les vôtres. Si j'étais assuré que votre ami,—il souligna le mot—fût Français, j'insisterais vivement pour qu'il fût remis tout de suite en liberté!…

—Ah! faites-le! faites-le! dit-elle.

—Volontiers, reprit le rusé Vénitien avec un ton de plus en plus doucereux; très-volontiers, mais il faut me seconder. Suivant mes ordres, vous n'êtes point sortie de ma demeure: vous n'avez dit à personne qui vous êtes, d'où vous venez. C'est bien. Aussi l'on ne vous a point inquiétée. Vous vivez au milieu de gens qui vous affectionnent, tandis que peut-être voue seriez en prison…

—Que n'importerait la captivité, si c'était avec lui!

—Certainement; mais ce ne serait pas avec lui, répliqua Cabot, en souriant. Il est cependant un moyen de vous le rendre…

—Dites! oh! dites!

—Vous le connaissez ce moyen, ma fille. Que notre captif nous dise ce qu'il a fait de ses plans, et je vous jure qu'aussitôt il sortira de son cachot.

Toutou-Mak secoua la tête d'un air triste.

—N'est-ce pus vous-même qui nous en avez parlé, de ces cartes? continua Cabot, n'est-ce pas vous qui m'avez dit qu'étant dans votre île, il faisait des dessins comme celui-ci ajouta-t-il, en désignant une mappemonde sur la muraille, et n'est-ce pas vous qui nous avez avoué qu'il possédait assurément ces parchemins avec lui, au moment où vous fûtes capturés, car ils ne le quittaient jamais?