Triuniak revint à sa cabane doublement satisfait, car sa fille était dégagée d'une alliance à laquelle il s'était soumis contre son gré et il caressait, dans son esprit, l'idée de la marier, après son deuil, à Innuit-Ili, que depuis longtemps il souhaitait d'avoir pour gendre.

Celui-ci ne se possédait pas de joie. Sa nature mobile, ardente, s'était enflammée comme la poudre à l'étincelle jetée sur ses sentiments par la déclaration de Toutou-Mak. Et, plus d'une fois, tandis que les illirsut enlevaient la jeune fille, il tenta de s'échapper de la hutte de son hôte, sans but bien défini peut-être, mais en proie à une fièvre de colore qui aurait pu le pousser au crime.

Sa nuit, cependant, fut bercée par des rêves charmants.

Le lendemain, il suivit Triuniak aux funérailles de Pumè.

Tous les membres de la tribu, réunis autour de la cabane de l'angekkok-poglit, dans leurs vêtements les plus sales, faisaient entendre des cris lugubres, s'arrachaient; les cheveux et déchiraient leurs habits, en signe de douleur. Cette scène, moins attendrissante que grotesque, dura environ une heure.

Alors, par une fenêtre de la hutte, sortit un parent de Pumè, portant sur son dos le cadavre du jongleur, enveloppé et cousu dans sa plus belle pelisse.

Il fut suivi de l'une des veuves du défunt, si hermétiquement encapuchonnée qu'on ne pouvait distinguer ses traits. Mais par sa taille et sa démarche, Dubreuil jugea que ce n'était point la fille de Triuniak.

Cette femme tenait à la main un morceau de bois allumé. Elle fit le tour de la loge, en disant:

—Piklesrukpok (il n'y a plus rien à faire ici pour toi)!

Ensuite, les assistants recommencèrent leurs gémissements et se mirent en marche derrière le corps.