Ou suis-je? que suis-je?
Ces deux questions se pressent sur vos lèvres.
Soyez chrétien, musulman, païen, idolâtre, déiste, panthéiste, polythéiste, rationaliste, matérialiste, nihiliste,—soyez ce que vous voudrez,—si votre vue n'a plus d'autre limite que le firmament et l'eau, vous rougirez de votre petitesse, et un moment, une minute, une seconde, vous douterez! Non, il n'y a pas de croyance humaine qui résiste à l'infini! Notre nature est trop bornée pour cela.
En tout, pour comprendre, pour être fort, il nous faut du tangible, du palpable, du malléable.
Nous nous impatientons malgré nous, contre ce qui cesse de frapper nos sens.
Et cette impatience nous amène à dire avec Montaigne:
—Que sais-je?
Puis avec Shakspeare:
—Suis-je ou ne suis-je pas!