La nuit vint:—nuit calme et poétique.

A la voûte céleste couraient des petits nuages diaphanes, derrières lesquels la lune mirait son disque argenté. Plus uni qu'une glace était l'Océan, réfléchissant, dans sa transparence, la coupole de l'empirée.

O nuit d'amour, de langueur, de volupté!

Cependant une masse sombre, informe, se dressait au milieu de l'Atlantique.

L'onde clapotait à petit bruit autour, et formait de légères franges d'écume, qui allaient en dégradant insensiblement, et finissaient par se confondre dans le bleu de la plaine liquide.

Cette masse, c'était la carcasse de l'Alcyon.

Après avoir dépouillé le brick, les corsaires l'avaient abandonné à la grâce de Dieu.

Et toujours l'onde clapotait à petit bruit autour et formait de légères franges d'écume, qui allaient en dégradant insensiblement, et finissaient par se perdre dans le bleu de la plaine liquide.

Tout était morne, silencieux à bord de l'Alcyon, pauvre navire si gai la veille, si fringant, si animé!

On eût dit d'une tombe placée sur une autre tombe!