Et réciproquement,

Le préjugé nous dit encore:

Si tu tues tu seras tué: le juge qui te condamnera à mort sera respecté, considéré; le bourreau qui exécutera la sentence sera méprisé, vilipendé!

Le préjugé nous dit—oh! c'est horrible:—tu n'as pas demandé à vivre, pourtant tu as été lancé sur cette terre, que tu te hâterais de quitter sans la crainte de commettre une lâcheté, et on te montre au doigt, on te crache l'insulte au visage, on te fuit comme un pestiféré, quoique tu sois honnête, instruit, doué de nobles et brillantes qualités, parce que… le nom de ton père est resté en blanc sur les registres de l'état civil!

Tu ne connais pas ton père, tu ne peux présenter au monde le sarcophage d'un nom, alors tu n'es qu'un ilote, un paria; va-t-en, lépreux!

—Mais je ne suis pas l'auteur de mon être.

—N'importe!

—Je travaille à me rendre utile.

—N'importe, nous ne voulons pas de toi.

—Je me sacrifierai pour mes semblables.