Mais la nuit était arrivée, et il fallut remettre au lendemain le soin de s'orienter.
II
Le brick qui venait, grâce à l'habileté de son capitaine, d'échapper à cette épouvantable tourmente, s'appelait l'Alcyon. Parti de Marseille avec un chargement de vins pour la Louisiane, il avait été chassé de sa route par des vents contraires et poussé sur les côtes de la Nouvelle-Écosse.
Il portait une vingtaine de passagers seulement à son bord.
L'un de ces passagers, jeune homme de vingt-cinq à vingt-huit ans, était fils de l'armateur à qui appartenait l'Alcyon. Son père l'envoyait à la Nouvelle-Orléans pour y établir un comptoir. C'était le dernier enfant de quatre qu'avait eus l'armateur. Deux étaient morts à la fleur de l'âge, un autre, l'aîné, avait disparu dans son adolescence, et jamais depuis on n'en avait eu de nouvelles. On supposait généralement qu'il s'était noyé.
III
Pendant la tempête, Charles, sur l'ordre du capitaine, était resté dans la grande cabine; mais quand le danger eut cessé, il monta sur le pont où il demeura le reste de la nuit en conférence avec les officiers.
Le lendemain matin, une voile parut à l'horizon. Cette vue ranima le courage défaillant des malheureux naufragés.
Aussitôt on cessa de travailler à un radeau,—dont on avait entrepris la construction avec des espars et des vergues de rechanges,—pour établir des signaux.
Ils ne furent que trop bien distingués.