Déjà, le brick se relevait, lorsqu'un autre coup de vent faillit le submerger de nouveau.

La position était désespérée. Il n'y avait plus à hésiter. Le commandant le comprit. Assis à son banc de quart, il avait surveillé avec un sang-froid merveilleux les progrès de l'ouragan, et quand il vit qu'il ne lui restait qu'un moyen de sauver son vaisseau, il n'hésita pas à l'employer.

—Rasez tout! s'écria-t-il.

Puis, le bruit cadencé des haches frappant à coups redoublés le pied des deux derniers mâts se joignit aux mugissements des éléments en furie, et bientôt le navire flotta au gré des flots.

Cependant la tempête se calma peu à peu: on renaissait à l'espérance, lorsque, tout à coup, un calier parut sur le pont.

—Nous faisons eau! dit-il au capitaine qui se tenait sur le gaillard d'arrière, debout, immobile, les bras croisés sur la poitrine.

—Gréez les pompes! ordonna l'autre, sans qu'un muscle de sa face bougeât.—Où est la voie? demanda-t-il ensuite au calier.

—Dans la soute aux biscuits. Trois pieds de bordage en dérive.

—Tout le monde aux pompes!

Chacun s'empressa d'obéir; et au bout d'une heure les pompes commencèrent à franchir. Alors les calfats descendirent dans la cale et parvinrent à réparer les principales avaries.