Deux caronades, du plus fort calibre, avançaient leurs gueules béantes au-dessus de l'envergure au menaçant volatile, perché immédiatement sous le beaupré.

Les vingt sabords du Corbeau étaient garnis de vingt canons.

La gueule de ces vingt canons avait été peinte en rouge comme la ligne de la préceinte.

Sur le pont, au pied des mâts, se tenaient des groupes d'hommes armés jusqu'aux dents.

Tous étaient vêtus de chemises rouges, à large collet rabattu, bordé d'un filet noir, et de pantalons gris de fer, serrés à la taille par une ceinture de cuir, dans laquelle étaient passés des pistolets, un poignard, et une hache à double tranchant.

Ils avaient la tête et les bras nus.

Au moment où le canot détaché de l'Alcyon approchait du Corbeau, ce dernier amenait sa voilure et préparait ses grappins d'abordage.

Le capitaine François héla, et peu après son esquif était hissé par les palans du Corbeau.

Un homme se promenait seul sur la dunette.

Il avait la physionomie dure, le visage bronzé, les yeux pleins d'un feu sombre et une épaisse barbe noire. Sa stature était élevée, ses membres noués à des attaches souples, nerveuses, ses mouvements brusques, impérieux.