Chère Petite-Hirondelle, Ouaskèma est bien heureuse de te revoir! Assieds-toi, sur ses genoux, qu'elle t'embrasse! Il y a si longtemps qu'elle ne t'a embrassée!
—Oh! tante, Merellum t'aime aussi! répliqua l'enfant en se pendant au cou de l'Indienne qu'elle couvrit de caresses. Mais ces méchants qui ont lié tes mains! Je vais les défaire, tes liens!
—Tu n'y parviendrais pas, Merellum. Et puis cela serait inutile; nous sommes enfermées, gardées. Dis plutôt à Ouaskèma comment tu as été amenée ici.
—Moi, je les déferai, je les casserai, ces vilaines cordes! s'écria
Merellum d'un ton chagrin et colère.
Ses faibles doigts essayèrent de dénouer le nerf de buffle avec lequel on avait garrotté les poignets de Ouaskèma. Vains efforts! Elle se prit à pleurer en frappant du pied avec impatience.
—Non, ma Petite-Hirondelle, tu ne réussirais pas, dit la Tête-Plate souriant tristement. Laisse, et raconte-moi ce qui s'est passé depuis notre séparation.
—Les visages-pâles sont des cruels; Merellum aime mieux les visages-rouges! répétait l'enfant tout en larmes.
—Pas tous, Merellum; le grand chef blanc est bon, dit doucement la
Clallome.
—Mais pourquoi fait-on du mal à tante? repartit la petite trépignant et cachant sa tête dans le sein de l'Indienne.
—Le grand chef blanc n'a pas fait de mal à Ouaskèma ni à Merellum.