Elle ne répliqua point.
—Oli-Tahara, avait appris qu'elle était captive chez les Visages-Pâles. Il était venu pour la sauver. Il remercie le Grand Esprit de l'avoir assisté dans l'accomplissement de son projet.
Même silence.
Talonnant son buffle, qui ne cessait de couper l'eau en ligne directe et avec rapidité, comme s'il n'eût pas senti le fardeau qu'il portait, le métis reprit:
—Je conduirai ma soeur où elle voudra.
—Ouaskèma, répliqua froidement l'Indienne, peut elle se fier à la parole d'un demi-sang?
—Que ma soeur ordonne, elle verra si Oli-Tahara la langue croche.
—Que mon frère, alors, conduise Ouaskèma au village des Clallomes.
—Oli-Tahara obéira, répondit le Dompteur-de-Buffles d'un ton soumis.
Le silence recommença. Ils entendaient les balles siffler et ricocher dans l'eau, mais ils étaient hors de leur atteinte.