—On vous entend, bourgeois, répliqua le trappeur en se faufilant dans les buissons.

Poignet-d'Acier apprêta son lasso et se dirigea vers l'animal, qui, après avoir frappé du pied et creusé le sol de son sabot, s'était retourné et mis à lécher activement le corps d'un Chinouk, en agitant sa longue queue.

Il semblait indifférent à la présence des deux hommes.

—Excellente bête! murmura Poignet-d'Acier, je parie qu'elle est venue ici pour son maître!

Le taureau, comme s'il eût compris ces paroles, redressa son muffle et mugit de nouveau.

Le chasseur crut remarquer, à ce moment, que le cadavre près duquel trépignait l'animal faisait un mouvement.

Cette découverte changea ses projets.

—Est-ce que le Dompteur-de-Buffles vivrait encore pensa-t-il.

Et, laissant de côté son lasso, il s'avança vers le corps.

Loin de s'opposer à ce dessein, le bison se retira, comme pour lui faire place.