A cet instant, un tourbillon d'eau enveloppa le bateau et ceux qu'il contenait.

De l'extrémité de sa queue, la baleine venait d'atteindre la frêle embarcation.

Poignet-d'Acier ne quitta point le bout de la ceinture dont il avait entouré la jeune Indienne. Après avoir plongé, ils reparurent tous deux à la surface du fleuve et se mirent à nager vers une île qu'on distinguait dans le lointain.

Malgré sa blessure, Ouaskèma, aidée de l'aventurier, se maintenait assez bien au-dessus de l'eau, avec le secours de son bras droit.

Les quatre autres acteurs de cette scène étaient dispersés à quelque distance; le canot avait été submergé.

—Avancez vite, car si la baleine se retournait, nous n'échapperions pas, cria Poignet-d'Acier.

—Abandonnez la squaw, bourgeois; c'est un fardeau inutile, dit Baptiste qui se trouvait le plus près de lui.

—Abandonner un être en danger! Tu mériterais d'être puni de ton mauvais coeur, répliqua-t-il sévèrement.

—Mais, si vous le permettez, je l'assisterai aussi bien que vous, monsieur, insinua Jacques.

—Non, mon pauvre vieux camarade, tu aurais plutôt besoin de secours toi-même, car tu es bien âgé pour faire un demi-mille à la nage.