La lune brille dans toute sa splendeur.
Pathaway médite toujours, couché sur un tapis de mousse.
Le jeune homme se pense bien à l'abri de tout regard humain.
Mais voyez-vous ce corps qui s'avance silencieusement à travers les hautes herbes, se faufile au milieu des buissons, escalade les saillies de rochers et s'approche du lieu où le chasseur noir dévide l'écheveau de ses pensées.
Parfois une tête s'élève; deux yeux scintillent comme des escarboucles; puis la tête s'abaisse et la marche du corps, une seconde suspendue, recommence.
Ce n'est point une bête fauve, car un bras s'allonge; il est armé d'un couteau dont la lame projette des lueurs sinistres.
Nos lecteurs n'ont pas oublié Bill Brace et son duel avec le chasseur noir.
La lutte terminée, au grand désavantage de Bill, ses compagnons le transportèrent à une cabane abandonnée. Cette cabane s'élevait non loin du théâtre du combat.
Là, Brace put se rétablir et méditer à son aise sur l'instabilité des choses, mondaines. Ses blessures corporelles le faisaient, toutefois, moins souffrir que les blessures faites à son amour-propre.
On conçoit que l'idée de se venger fût la première à laquelle il s'attacha. La douleur et la fièvre donnèrent du poids à cette idée.