Il se traînait toujours, avec plus de circonspection, mais en rétrécissant; toujours aussi l'intervalle qui le séparait du chasseur noir. Toutes ses facultés étaient tendues vers un point, le meurtre.

Et il approchait et aucun frémissement du feuillage n'avait trahi son dessein, et Pathaway était encore enfoncé dans l'abîme de ses réflexions.

Bill Brace se mit sur son séant, puis debout, et il éleva son couteau pour frapper le chasseur noir.

L'arme descendit rapidement vers le coeur du jeune homme qui allait périr victime de ce scélérat, quand un enfant, Sébastien Delaunay, s'élança subitement au-devant du coup et reçut la pointe du couteau dans le bras.

L'assassin prit la fuite.

Pathaway bondit sur ses pieds et le vit descendant la colline à toutes jambes, tandis que Sébastien conservait l'attitude dans laquelle il avait reçu la blessure.

Sa main droite était étendue vers l'endroit où naguère se tenait Bill
Brace, et l'autre s'avançait comme un bouclier pour protéger Pathaway.
Des gouttes de sang tombaient de son bras droit et rougissaient le sol.

Avant que le chasseur noir eût eu le temps de faire une remarque, Nick
Whiffles était accouru tout alarmé.

—Ah! je me doutais bien qu'il allait nous arriver une maudite petite difficulté, s'écria-t-il. Qu'est-ce que cela? Du sang à ton bras, petiot? Mais oui, c'est du sang, et bien du sang. Que voulais-tu donc faire avec ce bras qui n'est pas plus gros qu'un roseau?

—Lui! il paraît cependant qu'il a beaucoup fait, répliqua Pathaway qui comprenait enfin le danger auquel il venait d'échapper, grâce au courage de Sébastien. Il a sans doute reçu le coup qui m'était destiné. Brave enfant, j'espère que vous oublierez mon injustice à votre égard.