La physionomie qu'il offrit à Nicolas, éclairée par les premiers rayons de la lune, n'était pas propre à attirer l'amitié ou à assurer la confiance.

Il avait les yeux enfoncés, et d'une expression sinistre. Son front était bas, contracté par un froncement perpétuel. Un nez épaté et aplati, surmontait sa bouche, démesurément fendue, comme celle d'un animal carnassier. Le menton était court, le cou gros, les épaules larges.

La vétusté et l'usure avaient rongé ses vêtements d'étoffe grossière.
Pour compléter ce vilain portrait, le trappeur louchait.

Nicolas se dit dans son for intime que sa dernière aventure n'avait pas ajouté une acquisition importante au nombre de ses amis. Bref, il n'était pas content de celui qu'il venait de sauver; car si ce dernier ne payait pas de mine, il ne séduisait pas plus par son langage.

Il avait la parole sèche, cassante. Ses phrases partaient comme les décharges d'une catapulte ou d'une batterie. De plus il les accentuait d'un certain grognement rien moins que plaisant.

Dans la rapidité de leur fuite, au milieu des ténèbres, Nicolas s'était écarté de la route qu'il avait l'intention de prendre.

Il se trouvait alors sur une éminence, entourée par un paysage d'un caractère sauvage et pittoresque. Jetant les yeux à l'est, il lui sembla apercevoir les ruines d'une grande cité.

L'apparition était produite par de longs et énormes amas de rochers, empilés les uns sur les autres, découpés en forme de murailles, de tours chancelantes et de colonnes brisées.

Cette ville fantastique couvrait les flancs et le sommet d'une montagne, et s'étendait à perte de vue dans les profondeurs d'une sombre vallée.

Jamais, dans toutes ses excursions, le trappeur n'avait vu un spectacle plus digne d'attention. Il le contemplait avec émerveillement quand son compagnon lui dit: