—Ténébreux, tu m'as entendu, et tu sais lire dans le livre du ciel et de la terre.
—Je le puis et je te remercie, mon frère, pour ta visite amicale. Je te souhaite d'heureuses chasses et l'appui constant du Grand Manitou.
—Ténébreux, j'ai dit, je m'en vas.
Multonomah tourna sur les talons et partit comme une flèche.
—Un Indien est un Indien, fit Nick Whiffles en mordillant l'extrémité de sa barbe, qu'il avait portée à la bouche avec sa main gauche.
Sébastien se tenait pâle, accoudé contre un arbre.
On eût dit qu'il avait entendu et compris cette conversation.
—Multonomah a bien parlé, dit Nick, après un moment de silence.
—Oui, répliqua distraitement Pathaway; j'admire bien des choses dans le véritable type indien. C'est à la nature que les Peaux-rouges empruntent leurs moyens de communication. La terre et le ciel sont leurs livres.
—Livres que j'ai pas mal étudiés moi-même, ô Dieu, oui! Souvent je les ai lus, voyez-vous, quand je reposais la nuit au milieu des prairies et que le ciel étalait ses grandes pages devant moi. Chaque étoile me disait quelle route je devais suivre pour trouver tel lac ou telle-rivière, cette montagne-ci ou cette vallée-là?