—Joe pas vouloir s'en aller; pas aller à la vallée du Trappeur.

—Oh! je sais bien, oui je sais bien. Si tu te sauvais après que je t'aurai attaché les pieds et les poings, ça ne serait plus dans la nature des choses, ô Dieu, non!

Nick jeta les yeux sur son captif et remarqua que deux grosses larmes tremblotaient aux coins de ses paupières.

—C'est heureux, dit-il, qu'il n'y ait personne de ta race ici pour voir ça. Chez vous il n'y a que les femmes qui aient le droit de pleurnicher. Les guerriers ne laissent pas leurs yeux trahir leurs émotions.

A ce moment Pathaway arriva près d'eux. Il engagea Nick à traiter moins rigoureusement le jeune Indien. Mais ses représentations furent inutiles. Nick comptait l'obstination parmi ses défauts, et, quand il s'était mis quelque chose dans la tête, il n'était guère possible de le faire changer.

Il garrotta l'Indien, l'attacha à l'un des pieux qui supportaient le toit de la cabane et quitta le camp, après avoir recommandé au Canadien de faire sentinelle.

Dès qu'il fut parti, le chasseur noir s'approcha de Joe et lui dit d'un ton affectueux:

—Ne t'afflige pas, mon garçon. Il ne te sera fait aucun mal. Soumets-toi patiemment aux caprices de Nick Whiffles. Je suis assuré qu'il n'a pas de mauvaises intentions.

Ensuite, il examina la corde qui liait les poignets de Joe et, la trouvant trop roide, il en desserra le noeud.

L'Indien ne dit pas un mot.