A l'élasticité de sa démarche, à la flexibilité de ses membres on jugeait qu'il était jeune. Il portait un habillement tout noir, différant matériellement par la coupe de ceux des trappeurs, mais prouvant peut-être que son propriétaire arrivait récemment des pays civilisés.

Il était impossible de distinguer les traits de cet homme. Ses armes consistaient en un fusil à deux coups passé derrière l'épaule.

L'indispensable couteau de chasse et des pistolets pendaient à sa ceinture de cuir uni.

Quoique seul et au coeur d'un pays sauvage, le jeune chasseur (ainsi le désignerons-nous) paraissait brave et sûr de lui.

C'est au moins ce que pensa Sébastien, dont l'attention fut appelée d'un autre côté par Maraudeur, qui aboya, bondit, et parut décidé à s'élancer dans la vallée.

Sébastien eut quelque peine à le calmer et tâcha de saisir la cause de cette nouvelle excitation. Mais il fut assez désagréablement surpris en remarquant, à une courte distance, trois hommes mal vêtus qui sournoisement longeaient aussi le vallon. Leur aspect parlait du trappeur nomade et de l'Indien farouche et pillard.

Ils cheminaient en silence.

A leur vue Sébastien trembla; son visage se couvrit de pâleur.

Se couchant entre les deux chiens, et arrondissant son bras autour du cou de chacun d'eux, il considéra ces gens, en retenant son haleine et comme dominé par l'incertitude et l'effroi.

La vaillantise et la gaîté du jeune garçon s'étaient évanouies.