Au centre de la hutte flambait un bon feu de branchages. Sébastien s'assit auprès. Pendant quelques instants il s'occupa à empenner des flèches, tandis que Maraudeur et Infortune, étendus à ses pieds, l'observaient en silence, d'un air somnolent, les yeux à demi clos.

Toutefois, bientôt fatigué de son travail, il décrocha un grand arc indien, pendu à la paroi de la hutte, et, après l'avoir bandé avec soin, il jeta un carquois sur ses épaules et se dirigea vers le lieu d'où il s'était séparé du trappeur.

Il faisait sombre; mais les chiens, saisissant la piste de leur maître, partirent devant Sébastien et le guidèrent à la vallée.

Comme une sentinelle vigilante, jusqu'à ce que la lune se levât, il inspecta minutieusement le terrain en parlant quelquefois aux chiens et en réfléchissant parfois aussi.

Tout-à-coup Maraudeur s'arrêta court, dressa ses oreilles et pointa son nez vers le fond de la vallée qu'argentaient faiblement les rayons de la lune. Son compagnon à quatre pattes gronda, tressaillit. Il se serait précipité en bas de la montagne si Sébastien ne l'eût retenu.

L'adolescent connaissait assez les habitudes du chien pour savoir que les siens avaient vu ou senti un homme ou un animal. Mais, vainement s'efforça-t-il de découvrir quelque nouvel être vivant. Un groupe d'arbres nains, un peu plus bas, près du lit de la vallée, offrait un point d'observation meilleur et plus sûr; il y descendit.

Aussitôt, il reconnut l'avantage de son mouvement; car, en dirigeant ses regards au sud, il aperçut un individu qui approchait.

C'était un blanc, mais pas Nicolas.

Sa taille, ses vêtements l'indiquaient.

Sébastien se prit à l'examiner.