LA VALLÉE DU TRAPPEUR

Au bout d'une heure, tout sembla reposer dans la cabane du trappeur.

Alors, Jack Wiley ouvrit les yeux, souleva sa tête, contempla un instant les dormeurs, puis il se mit sur son séant, s'allongea et se coula aussi doucement que possible hors du logis.

Maraudeur s'était bien éveillé à demi; mais ne croyant pas qu'il fût à propos de contrarier l'hôte de son maître, l'honnête animal reprit le cours de ses rêveries canines.

Sorti de la cabane, Wiley traversa rapidement le plateau et aperçut le cheval de Nicolas qui paissait voluptueusement l'herbe tendre.

—Vilaine bête, mais qui doit avoir de bonnes qualités, pensa Jack. Sa crinière est pas mal raide. On dirait un buisson d'épines, mais ça vous a des jambes taillées pour la course. Elles sont lisses, propres et parfaites aux attaches. J'aime cette croupe, cette petite tête, et cette gracieuse encolure. Ma foi, ce ne serait pas bien de laisser là ce quadrupède. Il est vrai que son propriétaire m'a rendu un petit service, mais les affaires sont les affaires et l'amitié n'a rien à y voir.

Quoique Jack louchât supérieurement, ses regards parvinrent, cette fois, à se concentrer avec ardeur sur le coursier de Nick.

—Décidément, il me va! murmura-t-il.

En déboutonnant sa chemise de chasse, il en tira une forte lanière de cuir qu'il avait enroulée autour de son corps.

Ensuite il s'approcha de l'animal qui continuait paisiblement son régal, et lui ajusta la lanière autour du cou.