Les chiens aboyèrent à nouveau et avec ua redoublement de fureur.
—Donne-moi les pistolets, Zene, et je m'en vais les expédier plus vite qu'un Indien n'enlève une chevelure, dit Ben à son camarade.
—Je les ai laissés au camp; Bill Brace en avait besoin, répliqua l'autre.
—Malédiction! j'ai aussi laissé les miens, c'est toujours comme ça! Mais j'ai envie de tuer ces cagnes et je les tuerai, c'est moi qui le dis. Il y a longtemps que c'est mon idée, vois-tu, Ben. En voici un que je connais, d'ailleurs. C'est le chien que ce grand brigand de Nick appelait, il y a quelque temps, Calamité, un monstre d'animal, plein de vices, je parie deux charges de pelleteries! Oui, il m'a déjà mordu les jambes. Diable, où peut être mon couteau?
Il cherchait dans ses mitasses son arme favorite, mais ne la trouvait pas.
S'adressant à Sébastien:
—Petit serpent, moitié blanc, moitié rouge, où est mon bowie? tu dois le savoir, hein?
Assis derrière ses chiens, le jeune garçon ne répondit point. Mais sa main s'arma d'un grand couteau de chasse laissé dans la hutte par Nicolas.
Les bandits se reprirent à boire et à rapporter des histoires criminelles plus ou moins vraies, où ils prétendaient avoir été acteurs. Pas n'est besoin d'ajouter qu'ils renchérissaient à qui mieux mieux sur leurs abominables récits.
La conversation tomba naturellement sur le malheureux qu'ils avaient abattu dans le canon.