Nous devons revenir à Pathaway, que nous avons laissé caché derrière un buisson et témoin de l'assassinat du pauvre trappeur.
Quoique son coeur battît violemment et que de nobles élans le poussassent à se précipiter sur les malfaiteurs, la prudence le retint.
Mais dès qu'ils se furent éloignés, Pathaway s'élança vers le lieu où gisait leur victime; la saisit dans ses bras et courut à un petit ruisseau qui coulait non loin de là.
Alors, le chasseur noir posa sa main sur le coeur du trappeur.
Il sentit des battements. L'homme vivait encore. Pathaway lui lava soigneusement le visage.
La fraîcheur de l'eau fit tressaillir le moribond. A la tête il avait une blessure, heureusement la balle avait frappé l'os occipital et glissé le long du crâne. Un étourdissement et la suspension momentanée dea fonctions de la vie en étaient résultés.
Mais, quoiqu'on pût craindre une commotion cérébrale plus ou moins longue, il était hors de doute que cette blessure ne causerait pas la mort.
Tout en le pansant, le chasseur noir se prit à l'examiner.
C'était un homme à la barbe longue, épaisse, mais plus jeune que l'on n'aurait cru, à première vue.
Il pouvait avoir de vingt-cinq à vingt-huit ans. Ses traits étaient bien accentués et la vigueur virile se lisait sur toute sa personne.