Mais il sut modérer sa douleur par son calme religieux.
—Que Dieu vous bénisse, vous et nos chers enfants, Marie, lui dit-il, d'une voix doucement grave. Ne pleurez pas. Tout est sans doute pour le mieux. Je meurs; mais la cause que j'ai embrassée ne mourra pas avec moi.
Puis, avec fermeté et sans hésitation, il lui dicta son testament en présence du schérif Campbell[12].
[Note 12: Nous croyons devoir donner ici une copie de cette pièce:
«Charlestown, comté de Jefferson, Virginie,» 1er décembre 1859.
»Je donne à mon fils John Brown, ma boussole de géomètre et tous mes autres objets de géométrie, si on peut les retrouver, ainsi que mon vieux monument en granit, qui est actuellement a North Elba, dans l'État de New-York, pour qu'il y fasse graver sur les deux faces une nouvelle inscription, ainsi que je l'indiquerai ailleurs. Ce monument devra néanmoins rester à North Elba, tant qu'un de mes enfants et ma femme habiteront cette localité.
»Je donne à mon fils John ma montre en argent qui a mon nom gravé dans l'intérieur de la boîte.
»Je donne à mon fils John ma montre en argent qui a mon nom gravé dans l'intérieur de la boîte.
»Je donne à mon fils Owen Brown, ma lorgnette et ma carabine, si on la retrouve, celle dont il me fut fait présent à Worcester, dans le Massachusetts. Je donne aussi audit Owen cinquante livres en espèces, qui lui seront payées sur le produit de la vente du bien de mon père, en considération de ses terribles souffrances au Kansas et de l'état d'infirmité où il se trouve depuis son enfance.
»Je donne à mon fils Salomon Brown cinquante livres en espèces, qui seront prises sur le produit de la vente du bien de mon père, comme équivalent des deux legs déjà mentionnés.