«Mon cher et jeune ami,

»J'ai reçu votre bonne lettre du 15 du courant; mais depuis je n'en ai reçu aucune de vous. Je vous ai mille obligations, à vous et à votre père, pour toutes vos bontés pour moi, surtout depuis mon désastre. Puissiez-vous trouver en Dieu et en votre conscience une récompense éternelle! Dites à votre père que je me sens rempli de joie, et que je ne me trouve en aucune manière déshonoré par la prison, les fers et la perspective prochaine de la potence. Les hommes ne peuvent ni emprisonner ni enchaîner l'âme. Je marche avec plaisir au supplice de la mort pour le rachat de millions d'hommes qui n'ont pas de droits, et que cette grande et glorieuse république, que cette république chrétienne a charge de respecter. Singulier changement en politique, en morale, aussi bien qu'en religion depuis 1776! J'attends de passer dans l'éternité bienheureuse de Dieu, et suis fermement convaincu que ce monde doit passer.

»Adieu! Puisse Dieu répandre toutes ses bénédictions sur vous!

»Votre ami,

»JOHN BROWN.»

Prison de Charlestown, 18 novembre 1859

A L'HON. H. D. TILEN.

«Cher monsieur,

»J'ai reçu, le 23 du courant, votre bonne et consolante lettre.

»Je ne trouve point de mots pour exprimer ma reconnaissance du grand intérêt que vous me témoignez depuis mon désastre.