»En 1827 ou 28, il alla s'établir à Richmond, comté de Crawford[4]. En 1831, il eut le malheur de perdre sa femme.
[Note 4: John Brown, sa vie, etc., par H. Marquand.]
»Ce fut à partir de cette époque que ses idées commencèrent à se fixer sur les horreurs de l'esclavage et à chercher les moyens d'y mettre un terme.
»Son fils John dit, dans une lettre écrite le 3 décembre 1859, le lendemain du martyre de son père: «Ce fut immédiatement après la mort de ma mère que j'entendis mon père dire pour la première fois, qu'il était résolu à vivre four venir en, aide aux opprimés.»
Ces paroles semblent indiquer que Brown fut profondément affecté par la mort de sa femme, et qu'il pensa un instant ne lui point survivre.
Quoi qu'il en soit, à Richmond, capitale de la Virginie, au foyer de l'esclavage, il apprit à juger cette détestable institution; jura de consacrer le reste de ses jours à son anéantissement.
Dès lors, il prêche l'émancipation; mais il prêche dans le désert. On ne l'écoute pas, ou bien on lui impose silence, on le menace; sa vie est en péril.
Sans se laisser intimider, il sonde plus avant la question et découvre que l'abaissement du niveau intellectuel chez les nègres, tout autant que la cupidité et la perversion du sens moral chez les propriétaires, sont les aliments de la servitude.
Et le voici qui formule les aphorismes suivants, dont la vérité perce en traits de feu:
1° Les droits de l'esclave à la liberté ne seront jamais respectés, encore bien moins reconnus, tant qu'il ne se montrera pas capable de maintenir ses droits contre l'homme blanc.