Il se nommait John Brown mais on l'appelai communément le capitaine
Brown ou le père Brown (old Brown).
Le capitaine Brown était la terreur des esclavagistes, l'espoir de abolitionnistes.
Depuis bien des années, il combattait de la voix et des bras pour l'émancipation des nègres.
«Celui qui dérobera, un homme et le vendra, sera mis à mort,» répétait-il fréquemment,—d'après Moïse,—à ses enfants.
Sa vie avait été un roman en action. Il la devait terminer en héros de l'antiquité.
Né en 1800 à Torringhton, petit village du Connecticut, il descendait en droite ligne de ces Pères Pèlerins (Pilgrims Fathers) qui vinrent, en 1620, chercher dans l'Amérique du Nord un refuge contre les persécutions auxquelles leur secte était en butte dans la Grande-Bretagne.
John Brown était âgé de six ans quand son père quitta le Connecticut pour se fixer dans l'Ohio. Là, il reçut une éducation sévère, dont les pratiques de la religion protestante constituèrent la base principale.
A seize ans, il se fit recevoir membre de l'Église congrégationaliste d'Hudson.
«A dix-sept ans, dit un de ses biographes, nous le trouvons faisant ses études pour le ministère académique de Morris Academy. Une inflammation chronique des yeux le força à abandonner cette carrière. Son précepteur, le révérend H. Vaille, dit que c'était le plus noble coeur qu'il eût jamais rencontré.
»A vingt et un ans, John Brown épousa, en premières noces, Dianthe, fille du capitaine Amos Lusk.