C'étaient ceux que l'on attendait.

Toute la journée, ils avaient surveillé le parti esclavagiste. Il était campé sur la rive opposée du Kansas et plongé, sans doute, dans l'ivresse, car il avait passé la plus grande partie de la nuit à boire et à chanter.

Brown décida qu'il fallait profiter de cette circonstance pour l'assaillir à l'improviste.

S'étant fait préciser le lieu exact où ses ennemis avaient bivouaqué, il remonta le cours du Kansas à un quart de mille plus haut.

Stevens et Joe enfourchèrent deux des chevaux qui ne portaient qu'un seul cavalier, et la troupe se précipita dans les eaux de la rivière.

Les montures étaient vigoureuses. Il ne leur fallut pas plus d'un quart-d'heure pour les franchir, malgré la rapidité du courant.

Le jour se levait lorsque les brownistes atteignirent le bord méridional.

Ayant renouvelé les amorces de leurs armes, ils tournèrent lentement et avec précaution un bouquet de bois, derrière lequel leurs adversaires avaient campé.

Coppie, Cox, Hanlett, Stevens, Joe, mirent pied à terre et coupèrent à travers le bois, afin d'attaquer l'ennemi sur les deux flancs.

Mais cette tactique était superflue.