Voilà comment il avait été, en partie, témoin de la scène que nous avons rapportée dans le chapitre précédent.
Rassuré sur son compte, César s'ingénia à deviner ce qui s'était passé au-dedans du moulin, en rapprochant les faits auxquels il avait assisté, pour s'en faire un fil conducteur.
Mais il ne put arriver à une conclusion satisfaisante.
Les sentinelles restées en faction autour du moulin, après la retraite de la plus grande partie de la troupe, ne suffirent pas à éclairer cet esprit épais.
Cependant César était naturellement curieux,—curieux comme un nègre, c'est tout dire.
Après avoir, durant un quart d'heure, ruminé, opposé les dangers qui l'environnaient à la vivacité de son désir, il résolut de tâcher de le satisfaire.
—Moi vouloir voir ce qu'ils ont fait, moi verra, se dit-il.
Et, se mettant à quatre pattes, il se rapprocha du moulin, sans avoir été aperçu des factionnaires, quoique la nuit ne fût pas très sombre.
Derrière le bâtiment se trouvait un bief profond, mais tari depuis quelques mois.
Le lit en était tapissé de hautes herbes et de pariétaires.