—Mais elle vient de partir… Tu peux la sauver… tu peux la trouver; mais va, cours après elle. Ça me tuerait, vois-tu, Mark, s'il lui arrivait quelque chose!

—Ma mère, dit Mark, qui parut renaître quelque peu au sentiment… elle n'est jamais sortie ainsi; avez-vous jamais su quelque chose?… Le connaissez-vous, ma mère?… Mais c'est impossible!… Elle ne serait pas partie comme ça… Donnez-moi mon bâton. Je les trouverai; n'ayez pas peur… Allons, ça donnera encore lieu à d'autres crimes qu'à des incendie… Je les trouverai; n'ayez pas peur… pas peur… ma mère!

En prononçant ces mots, il s'élança furieusement sur la voie publique et suivit une petite trace qui semblait avoir été nouvellement faite sur la neige et allait du côté de la ville.

Le père revient du théâtre de l'incendie allumé par son fils.

Sa femme et sa fille Ellen pleurent à chaudes larmes; leurs sanglots font saigner son coeur.

—Marguerite, quel nouveau malheur? pourquoi pleures-tu?

—Oh! Edouard, cher Edouard! notre Madeleine, notre pauvre Madeleine est partie… je ne sais où. Et je n'ose te dire ce que je soupçonne…

Ce qu'elle voulait lui cacher, il le voit dans ses yeux rougis de larmes. Ce coup manquait à ses douleurs.

—Marguerite, nous la retrouverons, dit-il d'une voix sombre; calme tes craintes jusqu'à mon retour. Madeleine a toujours été fidèle à ses devoirs, et sans doute tous nos enfants ne deviendront pas mauvais sujets dans ce pays. Nous la retrouverons…

Le malheureux père n'en dit pas davantage. Il sort de nouveau pour chercher sa fille qui lui est si chère, et le voilà qui court comme un fou à travers la neige.