Tout était calme au dehors. La, lune brillait d'un éclat mat sur la blanche neige; le vent avait cessé de souffler, mais il faisait très-froid.

Madeleine ne paraissait point auprès de la maison.

Sa mère appela; mais Madeleine ne répondit pas.

Pauvre mère, elle lut dans cette pâleur livide et dans cette tranquillité glaciale répandues autour d'elle une autre page du livre de ses chagrins!

Rentrant dans la chambre, elle tâcha de réveiller son fils, qui gisait presque sans connaissance sur le plancher.

—Mark, Mark! ta soeur Madeleine est partie; Vite, Mark, mon brave garçon, cours après ta soeur. Oh! Madeleine, Madeleine, ma pauvre fille!

—Aller où? balbutia le dormeur se soulevant sur le coude et étendant sur sa mère un regard hébété.

—Oh! le ciel me vienne en aide, car je ne sais où… Mark, va la chercher, si tu l'aimes, va! Je t'en prie, ramène-la, Mark, ramène-la!

Le jeune homme passa la main sur son front appesanti par l'ivresse, regarda vaguement çà et là, mais ne parut pas comprendre.

—Madeleine partie! dit-il pourtant en se mettant debout. Où ça partie?
Comment?—où est-elle allée?