Et je donnai mes raisons.
Ces raisons, on les trouvera exposées dans ce livre, publié, pour la première fois, en 1857, à Montréal, et tiré à cinquante mille exemplaires, tant en français qu'en anglais.
Si quelques-uns des motifs qui l'ont dicté n'existent plus, comme le traité de réciprocité entre le Canada et les États-Unis, il n'en est pas moins toujours vrai que la Grande-Bretagne décourage systématiquement l'industrie et les arts utiles dans ses colonies; que, chaque année, les Canadiens eux-mêmes fuient une patrie où ils ne trouvent point de travail, malgré les immenses ressources naturelles dont abonde leur pays.
Il n'en est pas moins toujours vrai que le Canada ne sera jamais prospère et grand que lorsqu'il se sera annexé à la République des États-Unis.
H.-EMILE CHEVALIER.
Paris, juillet 1866.
L'ENFER
CHAPITRE I
LE FOYER DU COLON
Ce jour-là Toronto, la capitale du Haut-Canada; était froid, monotone et mélancolique. Épaisse aussi, bien épaisse était la neige sur les larges et tristes voies passagères. Dans les rues désertes, comme dans la campagne, à travers les arbres, au faîte des édifices, et loin, fort loin sur la baie silencieuse, ce n'était que neige!—neige ici, neige là, neige partout.