La lune et les étoiles pénétraient librement dans le local, dont le sol était perdu sous une épaisse couche de neige et où il n'y avait aucun signe de vie à ce moment, car le froid avait tué les grenouilles et chassé les oiseaux de nuit.

Arrivée près du bâtiment, Madeleine jeta un coup d'oeil inquisiteur autour d'elle, et, satisfaite sans doute de son examen, elle entra, s'assit sur une poutre renversée, enfonça son visage dans ses mains et donna cours à ses cuisants chagrins.

Bientôt de chaudes larmes filtrèrent entre ses doigts et tombèrent glacées sur sa robe.

Au bout de quelques minutes, le son d'un pas frappa l'oreille de la jeune fille.

Elle se leva en sursaut, allongea timidement la tête par une ouverture, et, voyant qui approchait, se réfugia promptement dans le coin le plus obscur de l'édifice.

C'était un jeune homme, grand, mince, et, suivant toute apparence, bien proportionné, quoiqu'il fût enveloppé de fourrures et d'un lourd pardessus qui déguisaient presque complètement ses formes.

Il vint droit à l'entrée de la cahute, plongea ses regards à l'intérieur, et, ne découvrant personne à cette première inspection, laissa échapper un murmure de désappointement.

Il allait même se retirer, quand un second coup d'oeil lui montra la tremblante jeune fille qui se tenait appuyée contre un poteau.

—Eh! est-ce vous, Madeleine, ma belle? fit-il d'une voix doucereuse, efféminée, en s'avançant les bras étendus vers elle. Allons, allons, charmante, approchez: c'est moi! Pourquoi si sauvage?

—Non, non, monsieur; non, je vous en prie! s'écria la jeune fille le repoussant avec effroi.