Près de lui se tenait un personnage vêtu de même. Il était accoudé à la muraille et avait la tête dans la main. Il gémissait et, du pied frappait furieusement le sol.

Le reste des assistants paraissait étranger à la dispute.

Borrowdale allait engager les trois acteurs à le suivre quand, se retournant, il vit ses deux amis qui revenaient a lui.

Un moment il resta indécis; mais reprenant bientôt son sang-froid, il dit vivement quelques mots au jeune homme que son aspect avait terrifié, puis, courant à Squobb et Fleesham, il les prit par le bras en s'écriant:

—C'est fini, fini-ni-ni, tout est fini! Pas besoin de votre cahier de notes, mon cher Squobb. J'ai apaisé ces êtres-là. Rien n'était sérieux, rien! Vous me connaissez, il faut que je me mêle un peu de tout, c'est mon défaut. C'est drôle, n'est-ce pas? Je suis un être singulier, mais c'est mon caractère, je n'y puis rien.

—Oh! sans doute, sans doute, Borrowdale, dit Fleesham d'un ton protecteur et en descendant la rue. Il faut toujours que vous patronniez quelqu'un. Le patronage est évidemment votre mot d'ordre, ha! ha! ha! Ça vous amuse, n'est-ce pas, de patronner les gens?

—Et vous pensez sans doute, cher monsieur Borrowdale, appuya Squobb, que c'est là le moyen de soutenir quelques fabriques croulantes aux dépens de tout le pays, n'est-ce pas?

—Ma foi, c'est là un pauvre moyen, pauvre moyen, très-pauvre, fit Fleesham, à qui le grand air semblait avoir redonné la voix comme à son compagnon.

—Ah! oui, un moyen superlativement pauvre, reprit Squobb, riant immodérément et cherchant à faire tourner en plaisanterie la dernière discussion dans laquelle il avait perdu une grande partie de son prestige éditorial.

En vérité, vous êtes fameux, mon cher monsieur, fameux! ha! ha! ha! vous êtes fameux. Il faut vous connaître pour vous apprécier! En vérité, parlons de vous, l'homme public, le champion du peuple, le père nourricier des pauvres, ha! ha! c'est charmant, délicieux sur ma parole!