Guillaume, la pression de ta bonne et forte main nous ferait du bien.
Elle nous donnerait la confiance d'un homme!

—Bon Dieu! c'est extraordinaire, dit Borrowdale. Mais qu'est-ce que ça signifie? Voyons, Morland, expliquez-moi ça.

—Le fait est, monsieur, dit Mark remarquant que le jeune homme était trop confus pour répondre, le fait est que Madeleine est ma soeur, et que mon ami l'a connue dès son enfance. Depuis près de deux semaines, nous battons le pays pour la retrouver et nous craignions presque qu'il ne lui fût arrivé un malheur, quand quelqu'un nous a dit, il y a environ une heure, que vous, monsieur, deviez savoir où elle était. C'est la raison pour laquelle nous avons pris la liberté de venir vous trouver. Nous vous remercions, monsieur, au nom de sa pauvre mère et de son père!

—Où sont-ils? où sont-ils, bonnes gens?

—Nous ne savons pas, monsieur. Ils sont partis d'ici, il y a environ douze jours, pour se rendre aux États-Unis et y chercher de l'ouvrage. Depuis, il nous a été impossible de les trouver, quoique nous les ayons cherchés partout, en pensant que Madeleine était avec eux.

Il se passa quelque temps avant que Borrowdale parvînt à se maîtriser assez pour être à même de leur montrer le point où en étaient les choses et ce qui se passait dans une chambre voisine; cependant il réussit à la fin, mais en supprimant les incidents les plus sombres de cette tragédie intime.

Le jeune homme, le Grantham de nos premiers chapitres, à qui nous continuerons à donner maintenant son vrai nom de Morland, écouta le récit de Borrowdale avec une agitation fiévreuse.

Son visage était blanc comme l'albâtre, ses membres frémissaient; plus d'une fois il parut près de s'évanouir.

Il était facile de voir que le remords s'était emparé de lui et qu'il déplorait amèrement les malheurs que sa mauvaise conduite avait causés.

—Je le verrai, s'écria-t-il quand Borrowdale cessa de parler, je verrai
M. Fleesham et je lui dirai tout moi-même.