La femme de Nar-go-tou-ké éloignée, Hi-ou-ti-ou-li reporta sur le fleuve ses yeux humides.
Le temps était fort clair et la vue embrassait les deux rives.
A ce moment, la Fauvette-Légère aperçut le bancal, qui se levait dans le canot et tombait sur Co-lo-mo-o.
Elle pressentit l'intention de Jean-Baptiste. Son coeur battit violemment. Les pleurs séchèrent sous sa paupière. Son regard doubla d'intensité.
Le Petit-Aigle se jette à l'eau, aussitôt Hi-ou-ti-ou-li saute dans un canot et s'avance vers le milieu du Saint-Laurent.
Cependant, Jean-Baptiste avait, pour couper les liens du jeune chef, profité du passage d'un de ces longs trains, de bois que les Canadiens-Français appellent cages.
Co-lo-mo-o comprit bien que la cage pouvait lui être d'une grande utilité.
Lorsqu'il plongea, une distance de cinquante à soixante brasses environ le séparait des canots de la police.
Mais au lieu de nager tout d'abord vers la cage, le jeune homme prit une direction opposée, et, après quatre ou cinq minutes, se montra à fleur d'eau derrière une petite île.
Du bateau lancé à sa poursuite, on le distingua.