—Vous les trouvez jolies, mon cousin?

—Oh! tout est relatif, entendons-nous.

Les deux interlocuteurs partirent d'un éclat de rire.

—N'importe, reprit Cherrier, au bout d'un instant, pour ma première sortie, après cette maudite blessure, j'ai du bonheur.

—Ah! oui, cette blessure mystérieuse, vilain batailleur! A la place de ma cousine, je vous en voudrais toute ma vie, car c'est en duel que vous avez été blessé... Oh! ne le niez pas. Si je cherchais bien, je vous dirais peut-être le nom de votre adversaire...

—Enfin! les voici qui arrivent! s'écria tout à coup Poignet-d'Acier, en étendant son bras dans la direction de la rivière Richelieu.

—Oui, mon frère a l'oeil sûr, ce sont eux, ajouta Nar-go-tou-ké qui, jusque-là, avait causé, sur un ton animé, avec le chef des trappeurs.

Interrompant leur conversation, les deux jeunes gens se tournèrent du côté indiqué et découvrirent une longue file d'hommes qui ondulaient vers la prairie.

—Qu'est-re que cette nouvelle bande? demanda Cherrier à Poignet d'Acier.

—Les sauvages de Lorette, répondit celui-ci.