Note 55: [(retour) ]
Voir la Huronne.
—Mon frère trouvera un bras, un bras infatigable pour frapper à côté de lui, dit tout à coup Nar-go-tou-ké en paraissant au bout du mur du parc, près duquel Poignet-d'Acier se tenait avec Co-lo-mo-o.
—Que faisais-tu là, mon frère? demanda le capitaine.
—Nar-go-tou-ké a vu le fils de son ennemi. Il l'épiait, répondu le sagamo.
Poignet-d'Acier n'accorda aucune attention à cette réponse. Une soudaine évolution de la foule sur la prairie l'occupait à ce moment tout entier.
—Je vous laisse, dit-il aux Iroquois. Je vais engager Neilson à profiter de l'ardeur de cette multitude pour la pousser, sans retard, sur Montréal. Demain, elle serait refroidie, nous n'en pourrions rien tirer.
Et il marcha, à grands pas, vers l'estrade qu'on apercevait à une faible distance.
—Mon fils, dit Nar-go-tou-ké à Co-lo-mo-o, dès qu'ils furent seuls, le rejeton de l'Anglais qui a voulu outrager ta mère, de celui qui l'a livrée aux lâches tribus de la Nouvelle-Calédonie, est là, dans cette maison. Puisque l'heure de la vengeance a sonné, commençons par nous venger de celui-là. Nous allons le guetter, et, quand il sortira.....
L'Indien fit résonner, d'un air significatif, une carabine qu'il avait à la main.
—Dans un instant Co-lo-mo-o rejoindra son père, répondit le Petit-Aigle; mais il faut, auparavant, qu'il aille délibérer avec les chefs des tribus qu'il a amenées.