Des sabres pendent à leur côté, des pistolets à leur ceinture; quelques-uns portent l'uniforme en drap foncé de la milice canadienne.

Il y a la Poignet-d'Acier, qui domine par sa taille, Xavier Cherrier et sa femme habillée en homme, le docteur Chénier, Armury Girod, Suisse d'origine, et quelques autres.

On est au 13 décembre. Il fait nuit, un grand feu pétille dans l'âtre de la salle et efface, par ses clartés brillantes, la lueur terne d'une lampe qui brûle tristement sur la table.

Au dehors, le vent pousse des gémissements lamentables ébranle les croisées, et, s'introduisant par rafales dans la cheminée, chasse jusqu'au milieu de la pièce des tourbillons de flamme et de fumée.

Sombre nuit que celle-là; plus sombres sont les figures des gens qui discutent, à cette heure, dans le couvent de Saint-Eustache.

Car c'est à Saint-Eustache que nous sommes, à sept lieues environ de Montréal, de l'autre côté du Saint-Laurent, sur la rive septentrionale de l'Outaouais, vis à vis de l'île Jésu.

Un homme entre dans la salle. A sa soutane, à son air grave, recueilli, vous reconnaîtriez un ecclésiastique. Il est prêtre, en effet, curé de Saint-Eustache; on le nomme messire Paquin.

A sa vue Poignet-d'Acier fronce le sourcil.

—Que venez-vous faire ici, monsieur? dit-il durement.

—Je viens, répondit messire Paquin, d'une voix douce et ferme, engager des hommes égarés à cesser une lutte dangereuse qui est pour le pays une source de deuil, de désolation.....