Il tenta de fuir, de se sauver.
Une foule curieuse, avide, insultante, impitoyable, lui barrait le passage.
CHAPITRE X
ÉVASION ET DUEL
En entrant dans le cabinet où, par considération pour leur sexe et pour leur rang, le grand connétable avait invité les dames de Repentigny à se retirer, Léonie ne put retenir un petit cri de surprise.
La propreté élégante, si je puis m'exprimer ainsi, et l'ordre merveilleux qui régnaient dans ce cabinet le lui avaient arraché. Il était étroit, resserré, d'une simplicité primitive, et, cependant, les ustensiles, les outils necessaires à plusieurs métiers, y étaient renfermés; et cependant tout y était à sa place propre, rien n'y détonnait, chaque chose, chaque disposition semblait avoir été faite expressément pour cette pièce, qui, de plus, servait de chambre à coucher.
Pour large ou luxueuse, de vrai, la couche ne l'était guère: des planches de pin, très-minces, pliantes, avec une natte de jonc recouverte de peaux d'ours. Des montures délicates, en noyer tendre, n'en ornaient pas moins le devant du châlit, posé sur des pieds crochus, habilement sculptés.
Il remplissait, tout un côté de la chambre.
Dans l'embrasure de l'unique fenêtre, garnie d'un rideau tricoté avec une sorte de laine en poil de martre, on voyait un tour et ses accessoires. Auprès, une petite forge, son enclume, ses étaux, et, en face du lit, un établi de menuisier.
Entre la porte et l'établi, une table à écrire, surmontée d'une bibliothèque exiguë, mais composée avec un certain art. Les oeuvres de Shakespeare, Byron, Thomas, Corneille, Molière, La Bruyère, les premiers romans de Cooper et de Walter Scott s'y faisaient remarquer, parmi des ouvrages de théologie.