Aussitôt le métis fait volte-face.
Il presse de ses genoux son buffle qui part comme l'éclair.
Les Nez-Percés s'imaginent qu'il fuit. Ils entonnent le chant de la victoire et les Chinouks reculent.
Molodun l'apostrophe:
—Vil rejeton d'une louve, tu n'iras pas loin, et le Renard-Noir t'atteindra dans quelque tanière que tu ailles cacher ta honte.
Mais le Dompteur-de-Buffles ne l'entend pas.
Il poursuit sa course à travers les amas de cadavres et de glaçons. Les Clallomes sont rattrapés, sont ralliés; ils chargent les Nez-Percés qui fléchissent à leur tour, et Oli-Tahara, haletant, le front baigné de sueur, le cerveau en feu, retourne à la rencontre de Molodun.
Loin de calmer son irritation, la blessure qu'il a reçue l'embrase davantage.
Tout ce qui se trouve sur son passage, ennemi ou ami, est renversé. Jamais Tonnerre n'a mieux mérité son nom. La fièvre de son maître s'est inoculée dans ses veines. Il dévore l'espace. La poudre n'est pas plus inflammable, la foudre n'est pas plus prompte.
Les Chinouks, qui avaient commencé à battre en retraite, reviennent à la suite de leur chef.