Une cohue d'hommes, de chiens et de chevaux se foulent, de nouveau sur le théâtre du premier engagement.
La lutte se renouvelle avec plus de vigueur et d'acharnement.
De chaque côté, Oli-Tahara, Molodun et Renolunc accomplissent des prodiges de valeur en cherchant à se rapprocher. Mais le dernier est percé d'une flèche, et des grappes de Nez-Percés s'accrochant aux jambes du buffle, l'empêchent d'avancer.
Cependant, ils ne parviennent, pas à le tuer, car, avant le combat, le métis a eu le soin de lui cuirasser le corps avec une peau à l'épreuve du couteau.
Molodun et Oli-Tahara se déchirent des yeux en attendant qu'ils puissent s'étreindre corps à corps.
Et les insultes qu'ils se crachent à la face sont sanglantes comme le supplice réservé par le vainqueur au vaincu.
—Je te scalperai, fils de chienne! je lacérerai ta chair avec mes ongles; je mangerai ton coeur et je ferai de ton crâne une coupe à boire.
—Et moi, je ferai fouetter ta femme par mes esclaves; je l'écorcherai vive, et, avec sa peau, je fabriquerai un tambourin pour mes jeesukaïns.
—Moi, reprit le Renard-Noir, je tiens captive Merellum, la souveraine des Clallomes; je la ferai cuire à petit feu, et je servirai son corps aux coyotes!
—Tu seras scalpé avant que la lune se lève! répliqua Oli-Tahara.