—Case à Baptiste là, dit-il en frappant avec la paume de la main contre un arbre.

Cet arbre avait bien vingt mètres de circonférence à son pied; ses rameaux inférieurs se projetaient à une hauteur d'au moins trente. Ils s'élançaient d'un centre commun dont le diamètre énorme dépassait peut-être celui de la base du tronc, et ombrageaient une vaste superficie de terrain. Une forêt de brandies de toutes dimensions s'entrelaçaient ensuite en s'élevant à la cime du cèdre.

Avec l'agilité d'un chat sauvage, Baptiste grimpa jusqu'aux premiers rameaux. Il se baissa et ramena à lui une sorte d'échelle en lanières de cuir de buffle qu'il fit glisser vers le sol.

Puis il sauta à terre.

—Bonne demoiselle monter; moi assister elle, dit-il à Merellum en pointant du doigt l'échelle.

Assez inquiétée par ce manège, la Petite-Hirondelle s'imagina que le Chien-Flamboyant avait la cervelle dérangée. Elle ne se souciait pas trop de se rendre à son invitation.

Mais il la souleva dans ses bras, et, avant qu'elle fût revenue de son étonnement, il l'eut transportée au faîte de l'échelle, qu'il retira aussitôt.

Une fois au-dessus, entre les membres vigoureux qui formaient, pour ainsi dire, le premier étage du cèdre, Merellum vit que le tronc était creux, et qu'une ouverture, assez spacieuse pour laisser passer aisément deux personnes, occupait la majeure partie de ce palier d'un nouveau genre.

Un grand morceau d'écorce, ayant deux ou trois pouces d'épaisseur, relevé au bord de l'ouverture, servait sans doute à la fermer et à dérober le secret de la cavité.

—Voilà case à nègre! dit Baptiste en se frottant joyeusement les mains.